la seule parole vraie
est celle qui bégaie
poussive dans la fumée
du jour au lendemain
au rythme des hoquets
le réel nous frappe
brusquement la face
ta gencive pierre à feu
est un briquet qui saigne
étincelle à peine coagulée
qui s’agrippe à ce monde abrasif
certains voisins chantent en cœur
quand le bâtiment va
tout va
alors on s’en sert
on s’énerve on s’évertue
on se serre les coudes
dans la couleur
avec l’appétence muette
d’un jour meilleur
Poème extrait du recueil On ne veut plus gagner, Éditions de l’Aire, 2026